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Nouveaux bancs, nouvelles idées : Liverpool de Iraola face à City de Maresca

Introduction

Liverpool reçoit Manchester City à Anfield le dimanche 11 October, pour le premier match de Premier League après la trêve internationale. C'est aussi la première rencontre entre les deux clubs depuis leur changement d'entraîneur respectif. Le match intervient quelques jours après que Premier League a confirmé qu'une commission indépendante avait reconnu Manchester City coupable de la quasi-totalité des 115 infractions financières qui lui étaient reprochées. City a déclaré qu'il serait « infatigable » dans ses démarches pour faire appel. Ici, nous nous concentrons sur le terrain.

Andoni Iraola a remplacé Arne Slot à Liverpool après trois saisons à Bournemouth. Enzo Maresca a succédé à Pep Guardiola, qui a quitté City après dix saisons. Cinq journées de Premier League constituent un petit échantillon, nous resterons donc prudents. Néanmoins, certains changements sont déjà trop importants pour relever du simple bruit statistique, et ils vont dans des directions opposées.

En complément de cette analyse, nous partageons les Team Reports SICS Atlas complets des deux clubs, couvrant leurs matchs de Premier League sous leurs nouveaux entraîneurs. Vous trouverez les liens à la fin de cette édition.

Pour rendre cette saison comparable à la précédente, chaque graphique classe chaque équipe par rapport aux autres clubs de 19 de la même saison. Un classement reste pertinent lorsque le championnat évolue dans son ensemble, ou lorsqu'un indicateur est mesuré légèrement différemment d'une saison à l'autre.

Liverpool : plus vertical, plus agressif, plus exposé

Fig. 1 : Liverpool, de Slot à Iraola. Classement parmi les 20 équipes de Premier League pour chaque saison, 2025/26 contre 2026/27 après cinq journées

Le principal changement concerne la façon dont Liverpool fait circuler le ballon. Sous Slot, l'équipe progressait par la conduite de balle : elle occupait le 2e rang du championnat pour les conduites de balle progressives. Sous Iraola, elle privilégie les passes vers l'avant et le jeu long. La proportion de dégagements longs sur six mètres est passée de 26% à 46% : Liverpool, qui figurait parmi les équipes les plus patientes du championnat sur les remises en jeu, se situe désormais presque exactement dans la moyenne (49%). Les longs ballons et les renversements de jeu augmentent également, ces derniers occupant désormais le 2e rang du championnat avec 4.8 par 90. Le nombre de passes progressives est passé de 75 à 84 par 90.

La possession n'a pas changé : 55.6% sur les deux saisons. Ce qui a changé, c'est la durée de conservation du ballon de Liverpool. L'équipe affiche désormais une moyenne de 7.0 passes par possession, contre 8.0 auparavant, et chaque possession dure 32 secondes au lieu de 36. Le ballon avance plus vite, mais arrive moins souvent dans la surface. Le nombre de ballons touchés dans la surface adverse par Liverpool est passé de 30 par 90 (2e) à 22 (12e), et la distance moyenne de tir a augmenté de plus de deux mètres (18.3 m, contre 16.1).

Le changement le plus visible concerne le jeu sans ballon. La ligne défensive de Liverpool est plus haute de 2.1 m, ce qui en fait la 2e plus haute du championnat. Le coût de cette ligne apparaît immédiatement : Liverpool subit 2.6 contre-attaques par 90, plus que toute autre équipe de Premier League.

D'où vient donc l'amélioration du bilan défensif ? Liverpool a encaissé 4 buts en 5 matchs, dont trois sans encaisser de but, mais son total de xG concédés par 90 (1.17) n'est pas meilleur que celui de la saison dernière (1.06). L'an dernier, l'équipe avait encaissé 53 buts pour 45 xG. C'est cet écart qui s'est résorbé, plutôt qu'un véritable renforcement de la défense. Les coups de pied arrêtés constituent une arme réellement nouvelle : le total de xG sur coups de pied arrêtés a presque doublé, passant du 17e au 3e rang du championnat.

Manchester City : plus de contrôle, moins de chaos

Fig. 2 : Manchester City, de Guardiola à Maresca. Classement parmi les 20 équipes de Premier League pour chaque saison, 2025/26 contre 2026/27 après cinq journées

City était déjà l'équipe qui privilégiait le plus la possession dans le championnat. Sous Maresca, elle l'est encore davantage : la possession atteint 61.4%, le nombre de passes par possession passe à 10.1 (la moyenne du championnat est de 6.7), et les possessions durent désormais 42.7 secondes. L'équipe domine le championnat sur ces trois indicateurs. La structure s'est également stabilisée. La saison dernière, City avait utilisé neuf formations différentes, le 4-1-4-1 (31% des minutes) étant le plus fréquent. Cette saison, l'équipe a joué toutes ses minutes en 4-2-3-1.

Ce à quoi City a renoncé, c'est la récupération haute. La saison dernière, l'équipe dominait le championnat pour les récupérations hautes (5.8 par 90) et pour les xG qui en découlaient (0.24 par 90). Cette saison, elle est 18e et 15e. Sa ligne défensive, auparavant la plus haute du championnat, est désormais au 8e rang. City presse désormais moins, défend un peu plus bas et reconstruit depuis sa propre moitié de terrain. L'équipe joue aussi plus souvent long sur les six mètres : 42% aujourd'hui, contre 25% la saison dernière.

Ce compromis porte ses fruits à deux niveaux. City tente moins de tirs (12.6 par 90 contre 14.1), mais ces tirs sont de meilleure qualité : 0.13 xG par tir, au 2e rang du championnat, et la distance moyenne de tir la plus courte de toutes les 20 équipes. Et avec une telle maîtrise du ballon, son dispositif de couverture a rarement été mis à l'épreuve. City concède 0.02 xG par 90 sur contre-attaque, le chiffre le plus bas du championnat. Les cinq victoires consécutives donnent aussi une image plus flatteuse que les chiffres sous-jacents : 13 buts pour 9.4 xG.

L'avant-match : le jeu de possession face au jeu vertical

Fig. 3 : Liverpool contre Manchester City, 2026/27 jusqu'ici. Les dix indicateurs sur lesquels les deux équipes diffèrent le plus, mesurés en écarts-types du championnat

Les deux équipes affichent une production offensive presque identique : 1.63 xG par 90 pour Liverpool et 1.73 pour City. Le graphique présente les dix indicateurs sur lesquels elles sont les plus éloignées, et tous vont dans le même sens. Les deux équipes créent leurs occasions de façons opposées.

City conduit le ballon, Liverpool le frappe. City conserve le ballon plus longtemps que quiconque (10.1 passes par possession) et domine le championnat pour les conduites de balle progressives (22.2 par 90, contre 12.2 pour Liverpool). Liverpool joue plus souvent long : 55.6 longs ballons par 90 contre 46.6 pour City.

City se rapproche. City tente ses tirs à 14.3 m en moyenne, la distance la plus courte du championnat, pour 0.13 xG par tir. Liverpool tire à 18.3 m (0.09 xG par tir) et touche bien moins le ballon dans la surface (21.8 contre 28.8 par 90).

Le pressing face à la construction. Liverpool récupère le ballon haut deux fois plus souvent que City (5.0 contre 2.4 par 90). Son pressing devra perturber la construction la plus patiente du championnat.

La ligne défensive haute de Liverpool est au cœur du duel tactique. Aucune équipe ne concède plus de contre-attaques que Liverpool (2.59 par 90). City concède le moins de contre-attaques dangereuses (0.02 xG par 90). City n'est pas une équipe de contre-attaque (1.1 contres par 90, 18e), mais ce match en particulier pourrait lui offrir de l'espace derrière une ligne avancée à 39 mètres.

Les coups de pied arrêtés, l'atout de Liverpool. Les 0.57 xG sur coups de pied arrêtés par 90 de Liverpool lui valent le 3e rang du championnat. City se situe en milieu de tableau à 0.33.

Le match devrait mettre les deux nouveaux entraîneurs à l'épreuve. Liverpool de Iraola voudra imposer un jeu rapide et vertical, tandis que City de Maresca cherchera à ralentir le rythme et à conserver le ballon.

Notre pronostic : des buts, et pas uniquement dans le jeu

À quoi faut-il s'attendre, compte tenu du jeu des deux équipes jusqu'ici ?

Des buts des deux côtés. Si l'on confronte la création d'occasions de chaque équipe (xG) à la capacité de l'autre à les empêcher (xG concédés), toutes deux rapportées à la moyenne du championnat, les chiffres indiquent environ 3.1 buts attendus. La moyenne de Premier League cette saison est de 2.8 par match. À ces rythmes, la probabilité de trois buts ou plus est d'environ 60%, tout comme celle de voir les deux équipes marquer. Le score exact le plus probable est 1-1, mais la balance penche vers City : 42% pour une victoire de City, 24% pour un nul, 34% pour une victoire de Liverpool. Les chiffres de l'ensemble des 38 matchs de la saison dernière donnent presque la même réponse (2.9 buts, 45/24/31) : ce n'est donc pas un artefact lié à un échantillon de cinq matchs.

Un but de Liverpool sur coup de pied arrêté. C'est la nouvelle arme la plus évidente de Liverpool, et c'est aussi là que City semble moins solide qu'auparavant. La saison dernière, City avait concédé 2.2 tirs sur coups de pied arrêtés par 90, le 2e total le plus faible du championnat. Cette saison, ce chiffre atteint 4.1, le 5e total le plus élevé. Ces tirs ont surtout été de faible qualité, à 0.30 xG par 90, sous la moyenne du championnat. Néanmoins, un corner ou un coup franc reste le moyen le plus réaliste pour Liverpool de se procurer une occasion franche face à une équipe de City qui laisse ses adversaires toucher le ballon dans la surface moins souvent que presque toutes les autres.

Liverpool frappe de loin. Quatre tirs de Liverpool sur dix proviennent de l'extérieur de la surface (5.7 par 90, 4e du championnat). City fait l'inverse : aucune équipe ne tente moins de tirs de loin (3.0 par 90). Si City ferme l'axe comme à son habitude, attendez-vous à voir Liverpool tenter sa chance à 20 mètres ou plus. Cela convient à City, car ce sont les occasions les moins susceptibles de se transformer en buts.

Un but de City en contre ? La ligne haute de Liverpool s'y prête. L'équipe concède le plus de contre-attaques du championnat et a déjà encaissé deux buts en contre, le 3e total le plus élevé. La saison dernière, City de Guardiola avait marqué 11 buts en contre-attaque, plus que quiconque. City de Maresca joue toutefois rarement ainsi, avec 0.55 tirs en contre-attaque par 90 (15e). Un but en contre-attaque est le scénario que permet la structure de Liverpool, mais ce n'est pas le premier choix de City. La voie la plus probable reste une longue séquence de possession conclue par un tir de près.

Notre choix : Liverpool 1-2 Manchester City. D'après les chiffres, 1-1 est le score exact le plus probable, à environ 11%. Mais lorsqu'une équipe prend le dessus, le modèle désigne City plus souvent que Liverpool : nous allons donc un cran plus loin en choisissant 1-2, à environ 9%. Les deux équipes marquent, il y a des buts dans ce match, et City l'emporte grâce à la qualité de ses occasions. Le but de Liverpool vient d'un coup de pied arrêté ou d'un tir lointain.

Comment nous avons construit cette comparaison

Toutes les données de cette édition proviennent de SICS Atlas. Le Team Report repensé fait partie des outils qui accélèrent ce type d'analyse : une vue d'ensemble claire et approfondie du style de jeu d'une équipe, ventilée par phase et situation de jeu, téléchargeable pour n'importe quelle équipe de la plateforme.

Le rapport peut désormais être filtré par compétition, lieu, nombre de matchs et entraîneur principal. Cela permet de répartir les matchs d'une équipe selon l'entraîneur en poste et de générer un rapport pour un seul entraîneur ou pour toute combinaison d'entre eux.*

Fig. 4 : La fenêtre de téléchargement du Team Report sur SICS Atlas, avec le filtre par entraîneur pour Manchester City
*Le filtre par entraîneur est surtout utile lorsqu'un changement intervient en cours de saison. Pour Liverpool et City, les deux changements ont eu lieu pendant l'été : la répartition par entraîneur correspond donc aussi à celle par saison.

Télécharger les Team Reports
Liverpool, Premier League 2026/27 sous Andoni Iraola : Team Report Link
Manchester City, Premier League 2026/27 sous Enzo Maresca : Team Report Link

Données : SICS Atlas, statistiques d'équipe par tournoi Premier League. Chiffres de 2026/27 après cinq journées (jusqu'au 20 September 2026). Les valeurs par 90 utilisent les minutes effectives, temps additionnel inclus. Le pronostic utilise un modèle Poisson fondé sur les xG pour et contre de chaque équipe par match, rapportés à la moyenne du championnat.